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19/12/2012 Jeu des Transpositions

Parmi les transpositions possibles la liste est longue. Aujourd'hui nous mettons l'objet au centre du MOI. Qu'est-ce qui dans cet objet me ressemble et pourquoi ? Texte d'Anne-Sophie Je suis ronde et rectiligne et comme je suis métallique je donne parfois la sensation d’être froide. Tout dépend si l’on m’égare sur une table, l’on me pend à un clou, l’on me laisse dans un pot ou bien si je me glisse au creux de la main. A l’écoute du stress, à l’agacement des doigts, mon cliquetis rassure, je suis là et tant que je suis là je suis le repère, car je représente le foyer, la chaleur, la porte qui mène vers l’intérieur ou l’extérieur. J’ai la chance de pouvoir explorer les coins sombres, et seulement quand c’est possible, car toutes les portes ne cèdent pas à mes tours de verrous. Portes de l’âme ou cadenas du passé, j’existe en pièce unique pour chaque serrure mais toute vérité n’est pas toujours bonne à connaitre, mieux vaut parfois me laisser au fond d’un puits o...

17/12/2012 Gravure d'objets

Aujourd'hui nous suivons les traces de Régine Detambel et ses portraits d'objets. Le piège à éviter : la narration La route à suivre : le corps, la chair, le mouvement... Textes de Catherine Le tourne-disque Trente-cinq tours, quarante-cinq tours, il tournoie derviche captif d’une ronde effrénée. Incantatoire. Gracieux dans son costume cérémoniel, il glisse d’abord lentement, puis de plus en plus vite, dessinant ça et là d’immenses arabesques. Infatigable danseur obstiné, il s’enroule, imperturbable  dans les sillons gravés de la surface lisse d’un disque lancinant. Et ça fait comme des ronds dans l’eau. Des arabesques sonores d’ondes noires. Puis, bras et paumes levés, l’oiseau-lyre aux ailes dirigées vers le ciel se condamne à l’extase.  Et son corps aux courbes harmonieuses devient musique. Immémoriale transe charnelle. La raison est ébranlée. Puis tout s’arrête. Le derviche tourneur va se re-coucher.  Silence. La malle Marin à quai, elle se tie...

2/12/2012 EPISTOLAIRE

I/ Ecrire à Dieu demeure un exercice difficile mais passionnant. Et ce, quelles que soient nos croyances. Texte de FRANCINE Ah Dieu, que le temps m‘a semblé long ! Deux jours ! Deux jours sans nouvelles de toi, sans un signe, sans ta lumière…..  Et ce matin, enfin, le bruissement des feuilles m’indiquent ton retour. Eh vous là, les oiseaux, ne chantez pas si fort ! Le souffle divin est si léger… Ah Dieu, mon Dieu, pourquoi tant de misères, tant de haines dans les cœurs ? Je t’avais parlé de ma voisine qui me pourrit la vie avec sa cuisine à l’huile. Comment se fait-il que tu la laisses faire ? Qu’elle s’embrase avec sa friture ! Je me réjouis déjà du spectacle ! Et bien non. Tu me prives de ce plaisir infime….. Cette cancaneuse enrubannée avec sa permanente en choucroute… Oh je sais, tu es un homme, du moins tu es venu sous cette représentation, mais ne te laisse pas amadouer. Les entourloupes enamourées  de cette pimbêche ne ...

26/11/2012 Le culte de l'inculte

Les verrues verbales ça vous évoque quelque chose ? Nous nous sommes amusés à en inventer mais aussi à en reprendre d'authentiques, glanées sur les forums du web. Texte de Vincent C’est pas dans un verre d’eau qu’on donne sa langue au chat...                  Bar de la Place, Saint Hilaire du Touvet, un soir tard en novembre.          Ne reste accoudés au vieux comptoir en zinc que deux habitués perdus dans leurs pensées. Des mégots jonchent le sol. Une télé bruyante diffusent à jet continu des informations en tout point semblables à celles de la veille, et à celles de la veille, et... Quand le plus gros des deux, pull vert olive et cheveu rare, fend enfin le silence d’un :          “ Tous les chemins mènent au rhum... “, comme il s’agissait d’une révélation soudaine...          “ A condition de savo...

18/11/2012 L'écriture surréaliste

L'écriture surréaliste suppose un réel lâcher-prise. Pour s'essayer à ce genre, le mieux est de commencer simplement, en faisant le portrait d'une ville ou d'une personne. Exemple avec ce poème sur la cité phocéenne : MARSEILLE Marseille sortie de la mer avec ses poissons de roche, ses coquillages et l'iode.  Et ses mâts en pleine ville qui disputent les passants.  Ses tramways avec leurs pattes de crustacés sont luisants d'eau marine, l e beau rendez-vous de vivants qui lèvent le bras comme pour se partager le ciel.  Et les cafés enfantent sur le trottoir hommes et femmes de maintenant avec leurs yeux de phoshore.  Leurs verres, leurs tasses, leurs seaux à glace et leurs alcools. Et cela fait un bruit de pieds et de chaises frétillantes. Ici le soleil pense tout haut, c'est une grande lumière qui se mêle à la conversation, Et réjouit la gorge des femmes comme celle des torrents dans la montagne, Il prend les nouveaux venus à part...

12/11/1012 Des histoires de périphrases

Ordre du jour : Distiller des périphrases à tire Larigot ! Texte de Suzanne En forêt Le geai, dit « Garrulus Glandarius » s’approvisionne dans la ramure élancée vers le ciel, du « Justicier » de la forêt. L’enchevêtrement des branches, véritable piste d’atterrissage, attire irrésistiblement une multitude d’oiseaux qui s’y posent ou en décollent. Une longue queue grise bat inlassablement la mesure, pendant que les petits poitrails carmin se gonflent dans la brise. Un souffle très léger soulève quelques plumes qui virevoltent dans un aérien ballet. Le sol tapissé de cet édredon douillet, amortit le bruit du bec jaune à la recherche d’insectes ou de vers. La terre grouille de ces invertébrés apodes, qui sont le délice des bécasses. La Mordorée , ou « Scolopax Rusticola », apprécie ce temps humide nécessaire au développement de la forêt et à la vie de tous ses hôtes. Texte de Francine Une agile princesse noire se meut silencieusement au ...

4/11/2012 Question de style

I/   LES EPIPHANIES de Henri Pichette,     un motif lyrique instantané : « Néanmoins, la vie sera élucidée. Car à vingt ans tu optes pour l'enthousiasme, tu vois rouge, tu ardes, tu arques, tu astres, tu happes, tu hampes, tu décliques, tu éclates, tu ébouriffes, tu bats en neige, tu rues dans les brancards, tu manifestes, tu lampionnes, tu arpentes la lune, tu bois le lait bourru le vin nouveau l'alcool irradiant, tu déjeunes à la branche, tu pars à la découverte, tu visites l'air les champs les ruines les métropoles les stades et les musées les jungles et les églises les arènes les volcans les chutes les fjords les oueds les lagunes les bayous les caftons les toundras les déserts les grandes salles des châteaux les jardins suspendus les pyramides les mégalithes les catacombes les cavernes ornées les blanches montagnes les théâtres étoilés la mer Océane, tu bolides, tu pagaies, tu varappes, tu dribbles, tu crawles, tu voles à voile, tu hameçonnes les filles, t...