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Affichage des articles associés au libellé l'atelier des jeunes

19/02/2011 Je mourrai d'un cancer de la colonne vertébrale

Nous emboîterons le pas à Boris Vian en déclinant les pires façons ou les plus farfelues ainsi que les plus belles, dont la mort pourrait nous frapper. Je mourrai d'un cancer de la colonne vertébrale Ça sera par un soir horrible Clair, chaud, parfumé, sensuel Je mourrai d'un pourrissement De certaines cellules peu connues Je mourrai d'une jambe arrachée Par un rat géant jailli d'un trou géant Je mourrai de cent coupures Le ciel sera tombé sur moi Ça se brise comme une vitre lourde Je mourrai d'un éclat de voix Crevant mes oreilles Je mourrai de blessures sourdes Infligées à deux heures du matin Par des tueurs indécis et chauves Je mourrai sans m'apercevoir Que je meurs, je mourrai Enseveli sous les ruines sèches De mille mètres de coton écroulé Je mourrai noyé dans l'huile de vidange Foulé aux pieds par des bêtes indifférentes Et, juste après, par des bêtes différentes Je mourrai nu, ou vêtu de toile rouge Ou cousu dans un sac avec des lames de rasoir Je...

13/11/2010 Un paysage se cache derrière chaque visage

Petit exercice descriptif des membres de l'atelier.... Les portraits de Jeanne Au-delà du grand champs en friche, à la limite de la terre qui bascule vers d'autres tableaux en mouvement, les cyprès se serrent en rang désordonnés. L'horizon impose l'hiver coriace, marqué par les voyages d'autres temps passés et attendus : les feuilles décharnées virevoltent telles un cycle infini qui laisse deviner l'ocre mélancolique de l'automne, la tendresse du printemps, l'été, à l'ombre doux, oppressant sous le soleil. Sur les longues herbes coupantes s'accroche le givre du matin prêt à poindre avec sa palette de couleurs. Les herbes sont solides, tenaces face au sifflant mistral ; elles écorchent presque la bouche du vieux cheval gris qui tente de les arracher à leur terre. La lumière point dans le plomb du ciel. L'odeur rassurante de la terre humide, le gigantesque silence peuplé de vent s'engouffrent dans chacune des cellules de ce...

7/06/2010 Scène de ménage

Vous êtes le témoin d’une scène de ménage et vous assistez impuissant à ce règlement de compte entre Eros et Cupidon…. Les propos que s’échangent les protagonistes sont dénués de vulgarité mais ils sont d’une rare méchanceté. « Le mariage est une expérience chimique dans laquelle deux corps inoffensifs, peuvent, en se combinant, produire un poison. » Edouard Pailleron Texte de Ben Où sont passées les heures qui ont renversé l’horloge ? Où sont passées les minutes qui peignent les cadavres de nos idéaux ? Où sont passées les secondes qui font du temps un instrument des sables, un outil de vision ? Et il vit Zion, la grande, l’unique, la terre neuve, celle qui, en dépassant les pleurs, a vu l’homme , pris de dépit, s’arracher son troisième œil. Mais là n’est pas la question ! on parle ici d’un appel qui vous poursuit, un débat frénétique où se joue la vie ; non pas celle d’un être humain, mais plutôt celle d’une entité. Quand deux personnes s’unissent, une troisièm...

17/05/ 2010 Je me souviens...

« J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans. » Baudelaire, Les fleurs du mal Texte de Ben Je me souviens d’il y a très longtemps, quand je ne connaissais pas encore les mots, je ne voulais pas quitter mon oiseau. Il y a longtemps, je volais à bord d’un oiseau. Ses ailes s’étalaient comme un son grave qui percute les murs en jour de silence. Mon oiseau n’est pas n’importe quel oiseau. Il est de plumes et de pensées que même ma conscience de bébé aimait chatouiller. Mon oiseau était le fil de mon temps : il était mon passé, il est mon présent, il sera mon futur. Je me souviens que dans son œil, je pouvais voir tout ce qui voyait. D’ailleurs, pensons au mot « œil », ce n’est qu’un mot et pourtant imaginait tout ce qu’un œil voit. Puis, plus encore, imaginez tous les yeux qui regardent dans le monde entier ; et prenez juste un moment pour imaginer, encore, qu’en prononçant le mot « œil » on recréerait tous les yeux du monde entier. Un mot pour tout dévoiler. Alors pensez à mon oiseau...

03/05/2010 PHOBIA

Avez-vous déjà plongé dans l'univers complexe des phobies ? Prenez une liste d'une vingtaine de phobies, et ciblez celles qui vous parlent... Elles habiteront vos personnages... Attention, il est indispensable que vos protagonistes se retrouvent dans des situations soient délirantes, soient très inquiétantes.

22/03/10 Quelques mots de rupture

Sur le thème de la séparation, les jeunes se prêtent au jeu des sentiments amers, entre poésie et narration. Texte de Ben qui a travaillé sur un sujet plus proche de "Et vogue la galère". Appelez-le. Juste un signe. Voici déjà quelques années, peu importe combien, que peu de chose le retienne à ses racines. Il songeait, naviguant sur ce semblant de radeau et Il voyait l’étendue liquide du globe. Appelez-le. Allez, quoi !! juste un son, juste un bruit. Il ne veut plus de l’éternel cliquetis de la pluie douce sur la mer. On est le jour où la nuit ? Les deux se dit-il. Cela fait bien longtemps, qu’il n’accorde plus vraiment d’importance au temps. Il vogue, malgré la pluie, les vagues, le soleil. Il n’est plus qu’une loque. Il se nourrit de ce qu’il peut. Même de mouettes. Il a besoin d’espoir parce qu’il a besoin de vivre. Il est seul. Seul au monde. Et il passe ses journées à se perdre dans ses souvenirs. Il se rappelle la raison de son départ. Ce n’était pas ...

08/03/10 La séparation

Que dire sur la séparation entre deux êtres quand on n'est qu'un enfant ? Textes de Marvin Depuis quelques temps, l’atmosphère est lourde. Les regards se croisent entre papa, maman, mais l’étincelle s’est éteinte. Une tension pesante claque ce quotidien familial, comme un fouet s’abatant sur le sol humide. Aussi sec que les réponses insinueuses que j’entends. On rentre chez soi à reculons, effrayé d’envisager l’inévitable altercation nocturne habituelle. Je me réveille dans la nuit, et dérangé par des bruits, je me dirige à pas de loup vers la scène de ménage. Le plus dur reste à venir, ne pas prendre partie, jouer le médiateur incompétent. Cependant, ne serait-ce qu’une habitude à prendre ? Un acte répété me déchirant le cœur ? Ou bien concrètement, ne devrais-je que rêver ? Le soir dans mon lit, ne devrais-je que songer ? Faire abstraction des bruits annoncant ce conflit. Un discorde rongeant les sentiments, La pureté d’un enfant sali par ses parents. Devoir un jour tourner l...

22/02/10 Cadavre exquis à la mode de chez nous

Voilà un exercice auquel nous aimons particulièrement nous adonner. Chacun a composé un incipit en utilisant toutes les lettres de l'alphabet, avant de passer sa feuille à son voisin de gauche. Celui-ci donne une suite à cette première phrase durant huit minutes et passe à nouveau sa feuille à la personne qui se trouve à sa gauche, tandis qu'il reçoit celle de son voisin de droite... Vous me suivez ? Texte remanié par Ben Cow-boy, jazzman ; moi effrayé par la scène, vivais, unique et déchu, le grand whisky. Toujours le nez fourré dans un flacon de Jack Daniel’s, toujours une fiole à portée de main. Toujours dépendant à ce poison ambré, ce tord-boyaux. Et encore si conscient de cette déchéance. J’étais devenu une loque, imbibée comme une éponge de comptoir. Où étaient restées mes tripes ? Et mon souffle, où était-il allé ? Aspiré par les ténèbres de ma peur ? Je ne sais pas… Ce soir, je hurle ; je hurle comme les coyotes dans une nuit de décadence. Ma mort. Une lente et silencie...

09/02/10 Le Baiser

Bientôt la Saint Valentin... Libellé du jour : le baiser ! Sur les traces de Verlaine... du moins pour la forme ! Extrait: J'ai peur d'un baiser comme d'une abeille. Je souffre et je veille Sans me reposer : J'ai peur d'un baiser ! C'est Saint-Valentin ! Je dois et je n'ose Lui dire au matin... La terrible chose Que Saint-Valentin ! Romance sans parole, 1874 Texte de Ben Tourne et tourne et vole calmement Effrayante et fascinante lame de fond Câlineuse caresse ! Vibrez bafonds ! Volute volupté déjà acclamant Tourne et tourne et vole calmement Rappelons-nous nos figures riantes Romance redondante, mielleuse Mes rancunes mêmes en deviennent houleuses Séchez vos colériques larmes priantes Rappelons-nous de nos figures riantes Baiser, vous êtes comme on vous dit Nul besoin de fard, juste de vécu Monnaie de l’amour, un fier et bel écu Intemporel geste, rêvé et ourdi Baiser… Vous êtes bien comme on vous dit En ce baiser, j’ai peur de me biaiser C’est beau, bien qu...

25/01/10 Métaphores et grands sentiments...

"La lâcheté a toujours été une fidèle compagne de ma vie. Maintenant comme alors, je pense que le seul enjeu, pour un être vivant est de ne pas lâcher prise. La vie est une branche fragile suspendue au dessus d’un abîme." Extrait de : LES CHAUSSURES ITALIENNES de Henning Mankel Nous écrirons dans cette même veine, la colère, la jalousie, l'amour, le désir... tous ces grands sentiments qui jalonnent une vie mais nous les présenterons en métaphores. A propos de la métaphore… Métaphore in praesentia : L’arbre étendait ses branches, longs bras décharnés. Métaphore in absentia : L’arbre étendait ses longs bras décharnés. Quant aux catachrèses , elles font partie intégrante et usuelle du langage courant : Les bras d’un fauteuil, les ailes d’un moulin, une bouche d’égout, fondre en larme…

11/01/10 Oxmo Puccino

S'inspirer d'Oxmo Puccino et de ses figures imposées, ce n'est pas une mince affaire. Vers une Poésie Urbaine... Texte de Jeanne Sous mon réverbère disco, je fume tous les maux Mots dits soient mes vers idiots J'erre les phrases ; la feuille est affable et elle les cueille Cette héroïne à ma place fait le deuil Les mots me gagnent, ils m’épargnent, me pardonnent Dans des gymnopédies, des opéras muets Ils périssent, ridicules, culs en l’air Je suis ratée et libérée Irradiée d’asphalte Saoule de ne plus plaire Fut-il un sourire quand sur le papier je renverse les versets ? Les dockers d’ecchymoses portent les morts vers d’autres mers Et j’erre, l’air d’un rien, enterrée seule dans mon éther Mon cœur est polyglotte mais soliloquant il demeure La flotte lève l’encre ; je ne sens plus la douleur Mes maux sont un vain monologue Partagés avec les pages Ils brûlent, hurlés dans le silence lancinant qui signe son œuvre de sang Cent fois De son sabre ils s’appliquent : « Solitud...