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15/12/13 "JE" est un autre : Nouvelle à plusieurs mains

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Texte collectif : Ce soir, devant mon miroir, je fais face à l’illusion. Ce soir, les mots imposteurs surgissent, troublent ma prose et vident mes métaphores. Ce soir, devant mon écran, j’ai le cerveau gelé. De ce vide sidéral, sur cet écran vierge émerge peu à peu du néant quelques mots qui ne m’appartiennent plus. Mots transfuges, fresques pimentées, personnages picaresques, délires surréalistes, fables apocalyptiques et rocambolesque aventures. Logorrhée cascadant… Quelque chose s’est emparée de moi. Une force inconnue m’envahit et m’entraîne. Je ne suis plus tout seul. Ce soir, il s’est invité. Apeuré par la chute vers un texte insipide, j’ai toujours suivi le bord de la falaise à petits mots comptés et frileux. Cet autre m’attrape par la main et me conduit au bas de cette page. Précipice vertigineux de mon écran noirci des mots d’un autre. Ce soir, je l’accueille. Dualité réconciliée d’une voix unanime. J’avais pour amis, des mots qui se prêtent comme des guirlan...

02/12/2013 La ronde des consonnes

Personnifier l'alphabet, quelle drôle d'idée ! En s'inspirant du goût des mots de Françoise Héritier, nous allons nous interroger sur notre perception des consonnes, minuscules et/ou majuscules. Quelle qualité morale peut bien avoir le G ? Quel goût a le M ? Quelle musique s'échappe du w ? Quelle odeur a le B ? Quelle est la couleur du J ? Texte de MARIE-HÉLÈNE : B  a la bonhomie d’un bonbon rose et blanc, il s’enlace pour des bisous baveux, il a le son du basson C  est charmant et joyeux, il s’accoquine sans scrupule avec ses copines consonnes, câlin il s’élance sur une cédille et au son du clairon il cajole le ciel, nimbé du bleu de la liberté D est dévoué, ventripotent, orgueilleux, il danse au son d’un diapason doré comme un melon F est flamboyant, orange il crépite dans une fragrance de fraises et danse comme un feu follet au son des fifres et des flûtes de pan G est un gentil gnome au  goût acidulé de la grenade, il a la blancheur m...

25/11/2013 La liste des interdits

Si vous deviez lister tous les interdits rencontrés dans une vie, vous pourriez publier un bon gros bouquin ! On va se contenter de ceux de l'enfance et de l'adolescence pour cet atelier. L'intérêt de cette consigne c'est qu'elle nous apprend à poser des mots neutres sur des émotions parfois vives . Texte de JOELLE : Il est interdit de dire des gros mots, sous peine de fessée...mais on peut toujours dire SVP ou merci. Il est interdit de courir dans la rue...mais on est autorisée à marcher sagement auprès de maman. Il  est interdit de mettre les doigts dans le nez  ou de frotter son nez plein de morve sur la manche de sa veste ou encore de tirer la "nifle", mais... on est chaleureusement encouragée à prendre un mouchoir. Il est interdit de faire pipi dans sa culotte sous peine de moqueries des petites copines. Il est interdit de faire des tâches sous son cahier au risque d'un coup de règle, mais écrire en respectant les interlignes, le...

17/11/13 Grammaire de l'imagination

Gianni Rodari nous propose dans sa Grammaire de l'imagination tout un tas de recettes pour entraîner l'imaginaire et le développer. On constate assez vite que le réel cloisonne et limite, il faut le défier et occulter ses règles pour inventer des histoires. Histoire de JOELLE : Dans le parc d'un château, il y a très longtemps, un bousier filait du mauvais coton. Des gestes répétitifs, aucune reconnaissance, c'était sa vie. Il se sentait inutile. Travaillait, travaillait, oui, mais pourquoi?  Il avait les dents longues et son plus grand rêve était de laisser la trace de son passage sur terre. Malheureusement chaque fois qu'il roulait une bouse, il effaçait les traces de ses dents sur le sable. De la bouse devant les yeux c'est sûr qu'il en avait, l'intelligence n'était pas sa principale qualité. Jour après jour, reculade après reculade il roulait cette boule et effaçait toutes traces. Depuis des mois il reproduisait des gestes interprétés...

04/11/2013 Éloge de la paresse

A chacun sa vision de la paresse... Les textes du jour s'interrogent, affirment, racontent la paresse, textes truffés d'aphorismes à propos. Texte de Henry : FARNIENTE, suprême bonheur, comme un chat qui s’étire en baillant, queue dressée…Waouh ! Il y a eu des monuments au travail, des hymnes à l’effort mais personne n’a osé glorifier la déesse Paresse que tant de gens honorent en secret. Car enfin le travail est une malédiction divine, «  tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ». Mais le pain gagné, que faire du temps en plus ?des économies ? Il y a eu un éphémère ministre du temps libre pour organiser la chose alors que pour le farniente pas besoins de directives, pas besoin d’instructions ministérielles, pas besoin d’équipements coûteux, se laisser envahir par la torpeur, régler sa vision sur l’infini lointain, et PROFITER, muscles détendus, tête vide, doigts de pieds en éventail déployé, qu’il est doux de ne rien faire quand tout ...