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24/09/2012 Luis Sepulveda

"Le vieux qui lisait des romans d'amour" est un petit chef d'oeuvre littéraire qui se lit en une ou deux journées. C'est le premier roman de Luis Sépulveda, écrit il y a vingt ans pour exprimer - comme souvent chez les auteurs d' Amérique Latine - la violence du réel. J'ai pioché dans les premières pages du roman, des pépites d'écriture, qui vont nous servir de support  pour écrire aujourd'hui : Une verrue morale - des provisions de haine - une obstination phtisique -  l'éternité verte du fleuve - le chiendent de la solitude - Nous raconterons simplement  l'histoire d'un homme et d'une femme. Avec une petite contrainte : si vous êtes une femme votre narrateur sera un homme et vice versa ! Texte de Françoise Madeleine Je m’étais réveillé de mauvais poil. Mauvaise nuit. Encore. Une de plus, malgré cette obstination phtisique à vouloir dormir plus de quatre heures d’affilée. Un véritable luxe. Un peu comme ...

09/09/2012 Vices et vertus

« Il est plus aisé d’avancer avec des vices qu’avec des vertus. Les vices accommodants de nature, s’entraident, sont pleins d’indulgence les uns à l’égard des autres, alors que les vertus, jalouses, se combattent et s’annulent, et montrent en tout leur incompatibilité et leur intolérance. » Emil Cioran Cet aphorisme à la structure épanodique  délivre une argumentation drôle et dérangeante mais pas dénuée de fondement. Voici donc notre point de départ du jour : un épanode. L'enjeu consiste à l'illustrer de façon brève dans un premier temps. Texte de Nico : La mémoire courte de Simon Mon neveu Simon a une manière efficace de se soustraire à toutes les contraintes et tous les embarras, surtout quand des adultes en sont la cause. On lui fait un reproche, par exemple : ‘Simon, tu as mis du lait partout sur la table ! C’est tout sale ici ! sa réaction est simplement : ‘Je ne me rappelle pas…, il y a du lait ?’ Il ne se rappelle de r...

07/08/2012 Le récit de voyage

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Faire le récit d'un voyage c'est toujours excitant ! On suit le fil de ses souvenirs avec une intention certaine : réussir à faire partager les émotions rencontrées en voyage. 1/ Voyage en train et onomatopées Le voyage en train évoque forcément des sons, d’autres voyageurs, des paysages qui défilent. Il raconte une histoire où se croisent la proximité, l’observation, les rêveries et les bavardages… Je vous propose d’écrire un texte sur ce thème en jouant avec : 1/ les onomatopées : interjection émise pour évoquer un bruit particulier. 2/ L’emploi exclusif des numéros de place pour mettre en scène les passagers. Je prends cette idée à Hocus Pocus un groupe de hip-hop français qui utilise ce procédé dans leur chanson, «  Place 54 ». Francine Huit heures et quart sur le quai de la gare Billet en main j’attends mon train Hi hi hi hi Le train arrive j’attrape ma valise Couloir étroit, place trente-trois. Mon voisin de route est e...

03/07/2012 Au commencement était le verbe !

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Pour clôturer cette année 2012, nous allons tenter une immersion dans le monde de la conjugaison. Choisissez un verbe emblématique qui vous servira à la fois de sujet de texte et de prétexte pour le conjuguer et ainsi installer une démonstration de conjugaison. Voici les temps à employer : le présent, l’imparfait, le futur, le passé composé, le plus-que-parfait de l’indicatif, l’imparfait du subjonctif, le futur antérieur et le conditionnel passé 1 forme (qui sont très proches). Attention le texte doit être le plus court possible ! Texte d'Anne-Sophie  Dialogue imaginaire « Quand finiras-tu d’aimer par endurance ou par attachement ? » « Quand le petit homme aura fini  de  croitre et croire à la chimère d’une seule et unique vie sur Terre ». « Nous finissions notre vie quand j’avais déjà fini une partie de la mienne. Et toi ? As-tu fini de nourrir ta colère de nos souvenirs ? » « Chaqu...

27/06/2012 La pierre dans l'étang

Cette technique d'écriture est empruntée au génial Gianni Rodari. A partir d'un seul mot nous avons la possibilité de construire tout un univers littéraire. Durant cet atelier de deux heures nous allons mettre en place un début de récit en béton armé ! Il faut chercher les histoires en plongeant sous l’eau pensait Rodari. « Les mots sont comme les pellicules superficielles d’une eau profonde » écrivit Wittgenstein ... Pour cet atelier nous sommes tous partis du mot demeure. Texte de Mistraline Lorsque l’éminent peintre, Marita Bergman posa ses valises dans le grand hall illuminé, l’atmosphère de la demeure s’en trouva bientôt changée. La danoise semblait répandre autour d’elle un calme bienfaisant. Aucun employé ne l’accompagnait, aussi s’affaira-t-elle à transporter ses bagages. Des toiles vierges encombrèrent rapidement toute la verrière. Dès le lendemain, quelques mioches se présentèrent à la grille. Des garçons et des filles faméliques, aux regards envie...

24/06/2012 Chimères et rhétorique

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La chimère désigne un être fantastique qui résulte du mélange improbable de certaines parties d'animaux bien réels. L'exercice d'aujourd'hui repose sur cette idée de création chimérique. Prenez deux poèmes. Utilisez le premier comme squelette et le second comme pioche à idées et vous aurez une chimère littéraire. Première consigne Texte I  « Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France », Blaise Cendrars « J’avais faim Et tous les jours et toutes les femmes dans les cafés Et tous les verres J’aurais voulu les boires et les casser Et toutes les vitrines et toutes les rues Et toutes les maisons et toutes les vies Et toutes les roues des fiacres qui tournaient en tourbillons Sur les mauvais pavés J’aurai voulu les plonger dans une fournaise de glaive Et j’aurais voulu broyer tous les os Et arracher toutes les langues Et liquéfier tous ces grands corps étranges et nus Sous les vêtements qui m’affolent. » Texte I...

1/06/2012 Anatomie du monde

Petite auscultation sensible et personnelle du monde personnifié. Texte de Marie-Hélène Si le monde était un être humain, il ne serait ni homme ni femme, il serait une partition complexe, il serait mélomane, il serait un amalgame de mélodies, il serait harmonie. Si le monde était un être humain, son front, caché sous la blanche chevelure du pôle serait un soupir levé vers la Grande Ourse.  Ses mains aux doigts effilés comme l’archipel des Tuamotu caresseraient les touches d’un piano polonais, de ses lèvres entrouvertes s’échapperait le souffle d’un volcan hawaïen, et la gamme s’envolerait le long de bras puissants ouvrant le chemin des océans  de Panama à Suez. Blanches et noires feraient silence devant les cicatrises de son flanc mutilé par les multiples guerres du Proche Orient avant de se poser lascivement sur son ventre rebondi comme la bosse d’une baleine canadienne. Les croches feraient se trémousser ses fesses bronzées et parées de costumes bigarrés, point ...